IL ÉTAIT UNE FOIS – Les mocassins

S’ils représentent encore aujourd’hui un symbole bourgeois dans l’imaginaire collectif, les mocassins restent un grand classique de la chaussure, dont l’origine remonte à plus de 5000 ans. 

 

C’est au fin fond des forêts canadiennes que l’on retrouve les premières traces de mocassins portés par l’homme. À l’origine, il s’agissait de petits souliers fabriqués en peau tannée d’animaux par les indiens Algonquins, alors installés dans l’actuel Québec. Plus ou moins fourrés selon les saisons, et la rudesse des hivers, les « mekezen » (nom utilisé dans le dialecte autochtone au XVIIe siècle) étaient fabriqués à partir d’une pièce de cuir rabattue sur les côtés, cousue, et ornés de décorations afin de marquer l’appartenance à un clan.

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Mais c’est au tout début du XXe siècle, grâce au chausseur norvégien Nils Tveranger, que le mocassin prend sa forme définitive. Inspiré par un voyage au Canada qu’il réalise très jeune, Tveranger reproduit les gestes qu’il a appris là-bas, créant ainsi sa propre version du mocassin. Les expatriés américains en Europe les adoptent et les rapportent aux États-Unis, où ils prennent le surnom de « mocassins norvégiens ». Le célèbre magazine Esquire en fait même la promotion à travers un article illustré de photos montrant le travail des artisans locaux.

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En 1934, un chausseur américain du nom de G.H. Bass réalise des mocassins à plastron dont la popularité est telle que les étudiants des plus grandes universités américaines les adoptent, tandis qu’en Europe on les porte pour fouler les parcours de golf. Après la libération, Weston imagine une version « habillée », se rapprochant des derbys et des richelieus. 

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C’est Gucci en 1953 qui donne aux mocassins ses lettres de noblesse, en sortant le modèle Mors que les stars du cinéma aideront à rendre célèbre. Alain Delon, Fred Astaire, Jane Birkin ou encore Judy Foster se feront photographier Gucci aux pieds, avant que les businessman de Wall Street en fassent un must have de leur garde-robe au tournant des années 80.

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Tombés depuis en désuétude, reniés par les années 90 où le sportswear est roi, les mocassins retrouvent aujourd’hui leurs lettres de noblesse. Encore une fois, c’est Gucci qui l’impose comme objet de toutes les convoitise, en imaginant comme une chaussure hybride, ouverte à l’arrière, mélangeant chaussons, mule, mocassin. Orné, retravaillé, revigoré, le mocassin redevient l’évidence chic et facile d’une garde robe où le classique se réinvente. La maison italienne va jusqu’à fourrer ses chaussures avec de la fourrure, rappelant les coutumes aborigènes, la boucle est bouclée, le mocassin éternel.

 

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