IL ÉTAIT UNE FOIS – Les manteaux

Le manteau est l’ultime espace personnel, la frontière physique entre soi et les autres. On le porte d’abord pour se prémunir du froid, des intempéries. On le porte comme vêtement d’apparat, pour se montrer aux autres, comme une carte de visite, une invitation à entrer en contact avec l’autre, réceptif aux goûts esthétiques de celle ou celui qui le porte. On le porte pour irradier, comme un soleil, ou comme une armure protégeant des regards étrangers. L’hiver, le manteau est un cocon dans lequel on se love, comme l’extension d’une couette, de ce lit que l’on quitte toujours trop vite. Le manteau se fait chrysalide lorsqu’il est cet objet culte avec lequel on traverse les mois, les années, une pièce de créateur à l’épreuve du temps qui se transmet de génération en génération.

Et si le premier manteau de l’odyssée humaine était cette peau de bête que portaient nos (très) lointains ancêtres ? Dans la Rome antique, on porte la toge, symbole d’un statut social car portée par les citoyens libres pour se différencier des esclaves. Au Moyen-Âge et à la Renaissance, la houppelande, par-dessus plusieurs couches de vêtements, ornée de broderies, de détails précieux selon le prestige de la personne, doublée en velours, en satin, ou en fourrure, et tombant parfois jusqu’aux chevilles. À partir du XVe siècle, les navigateurs européens popularisent le caban, tandis qu’à terre on porte la cape sur les épaules, ou sur une seule. Le règne de Louis XIV voit la naissance du justaucorps, manteau d’homme coupé au niveau des genoux, pourvu de larges poches et de parements qui laissent dépasser le bout des manches de chemise.

 

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Avec la révolution industrielle apparaît le manteau plus formel, coupé près du corps pour les bourgeois, ou plus large pour la classe ouvrière, débarrassé d’ornements fastueux et beaucoup plus fonctionnel. Le manteau se diversifie, s’adapte aux besoins de celles et ceux qui le portent. Redingote, Chesterfield, caban, parka, ciré, trench coat, doudoune… en 2018 le manteau se décline presque à l’infini. Il est hybride parfois, mélangeant les styles pour s’adapter à un monde toujours plus métissé et riche d’inspirations multiples. 

Un jour en ville pour affaires, le soir invité en soirée mondaine, le lendemain dans les Alpes pour une session ski, histoire d’être en forme pour la prochaine fashion week en février prochain… calendrier chargé ! Leclaireur a donc sélectionné pour vous quatre types de manteaux, pour varier les plaisirs.

 

 

CLASSIQUE

 

Le manteau classique se réinvente sans arrêt. Qu’il soit simple et droit ou volumineux façon cape chez Balenciaga, ouvert dans le dos chez Maison Margiela, ou façon redingote chez Ann Demeulemeester, c’est le compagnon indispensable d’une garde robe moderne et élégante.  

 

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DOUDOUNES

 

Quitte à porter la doudoune, autant y aller à fond ! C’est le parti pris de Richard Quinn avec une doudoune à motifs fleuris qui apporteront de la gaieté dans les longues journées d’hiver. Herno imagine une doudoune à porter comme une robe de soirée, soulignant la féminité de celle qui la porte. Isaac Sellam en imagine une sans manche, en cuir d’un jaune éblouissant, tandis que Kanghyuk recycle des airbags pour créer les siennes.  

 

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ANIMAL

Vraie ou fausse fourrure, vrai ou faux cuir, plus réalistes que jamais, le choix est large. Y/project dépose de la fausse fourrure sur les épaules d’un manteau sculptural, ou transforme le trench en similicuir pour l’homme. Blancha crée une veste exclusive pour Leclaireur, signée d’un Paris rouge sur la capuche, alors que chez Giorgio Brato fourrure rime avec doublure. 

 

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HYBRIDES

 

Dans un monde ultra connecté on mélange les styles, les influences, on ose le métissage, la créativité, les prises de risque. Chez Maison Mihara Yasuhiro, le manteau se porte retourné, doublure apparente. Undercover propose un manteau long entre doudoune et hoodie, dans un style éminemment sportswear. Quetsche joue la carte de la séduction avec un manteau en tulle suggestif et tout en finesse. 

 

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